Axes > Axe 5 : Accès des populations précaires, des populations pauvres à la consommation

Cet axe croise sans aucun doute d’autres champs d’étude de la géographie et des sciences humaines et sociales, ceux de la précarité et la pauvreté étudiée entre autres par Pierre Sansot, Richard Hoggart, Michel de Certeau ainsi que par des chercheurs en sciences de gestion (Eric Rémy, Laurent Bertrandias, Alexandre Lapeyre) qui, en 2017, se sont interrogés sur « Ce que le populaire fait à la consommation », « Etre un consommateur pauvre au quotidien » dans un ouvrage dirigé par Eva Delacroix et Hélène Gorge.

 Alors que la précarité, qui est relative à l'incertitude, est multiforme (sociale, psychologique, économique), la pauvreté relève essentiellement de l'économique. Le développement de la précarité dans l’ensemble des ménages populaires, et non seulement pour les plus pauvres, est susceptible d’avoir modifié leur rapport à la consommation. Thomas Amossé et Marie Cartier ont rendu compte, en 2019, des aspirations que ces ménages partagent avec les ménages situés plus haut socialement et des comportements ou stratégies économiques qu’ils doivent déployer pour les réaliser. Pour Robert Castel (2009), le « précariat » est un « sous-continent qui étend son emprise tout en demeurant fragmenté ». Les populations précaires, les populations pauvres ne constituent pas des groupes homogènes. Une approche différenciée en fonction des grandes catégories d’âges enrichirait la connaissance de l’accès à la consommation sur les lieux d’achat, sur les mobilités, sur les fréquences ou opportunité d’achat. Dans des sociétés européennes vieillissantes, un focus sur l’accès à la consommation des personnes âgées (Besozzi, 2017) précaires ou pauvres serait éclairant. Comment font-elles leurs courses ? (Perrot, 2009). Quel accès aux commerces de base pour des populations pauvres qui n’habitent pas dans des quartiers populaires ?

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